Aven de la Buse v2
Participants : David BOUTONNET - Florian BOUTONNET - Xavier AJELLO - Vincent BLANCHARD - Antoine GAILLARD
Lieu : Montclus (Gard - 30)
Date : 17/01/2026
T.P.S.T : 10h30
Ecrit par : Xavier/Vincent
Aven de la Buse, deuxième tour !
– samedi 17 janvier 2026 –
Spéléo Club de Vienne
Nous étions 9 spéléos en novembre 2024 pour visiter l'Aven de la Buse. Trop nombreux, nous n'avions pas eu le temps d'aller mirer le réseau supérieur.
Cette fois nous sommes 5 avec pour objectif de faire cette partie. Cela reste une sortie sportive car les principales difficultés sont dans l’accès à ce réseau supérieur, avec notamment le passage aller-retour d’un puits fractionné de 54 mètres (P54).

On se regroupe sur le parking de covoiturage du péage de Chanas pour ne faire qu'une voiture. Il n'y a que 3 kits à charger ; le 1er avec la C65 pour équiper le début ; le 2ème pour équiper la main courante afin d’aller dans la « Salle du Chat » ; le 3ème, à moitié vide avec bidon sécu, eau et C27, au cas où il faudrait doubler le premier tronçon montant au réseau supérieur.
On reste confort dans le monospace familial de Vincent. Les discussions vont bon train sur le trajet (géologie du Mont Ventoux et du Bassin Vocontien*, tectonique salifère...) si bien que Xavier oublie de signaler la sortie d'autoroute. Résultat 15mn de retard et surtout un flot de remarques mesquines de la part de David qui, quand même, a bien fait de se réveiller avant que nous finissions à Marseille.
Début de la descente vers 10h30. David part en tête, Xavier fignole l’équipement derrière lui. Premier passage étroit avant d'arriver au P18, puis dans la « Salle Vincent Badaboum » la petite chatière avec sa petite flaque d'eau bien placée et enfin, le fameux « Trou qui siffle ». Alors bien regarder avant de s'y immiscer, travers par la gauche, regroupement, travers par la droite, plat ventre. Ça bloque, ça passe, ça frotte, ça coince, et hop ça sort. Un qui tire le kit, l'autre qui pousse. Ça avance bien, on se retrouve dans la « Grande salle ». Je trouve la petite spatule pour décrotter les chaussures avant d'attaquer la monté du P54 vers le réseau supérieur. La corde est bien grasse, et Xavier voit un nœud 3 ou 4 mètres avant le fractio. Arrivé au niveau du nœud, la corde est bien usée et le nœud papillon isole une tonche sévère (on dira plus tard « très mauvaise tronche cette vilaine tonche » !). Xavier passe au-dessus délicatement et préviens les copains de ne pas faire le yoyo sur cette corde. Antoine commence quant à lui, à équiper la main courante vers la « Salle du Chat », suivi par Vincent qui prend le temps d’ajuster une section par l’ajout d’un nœud papillon. Montant en suite de Xavier, David prend le temps de doubler le nœud d'isolation et au final de refaire le fractionnement sans passage de nœud, mais aussi de doubler ce premier tronçon de puits avec la C27.

On prend le temps de manger tous ensemble avant de monter tout en haut, il est déjà 14h. On passe au moins 2 heures et demie là-haut à contempler les merveilles cristallines. Partout où nos regards se posent, c'est incroyable. La nature ici, a mis le paquet, on en prend plein les yeux : myriades de filaments d’aragonite tapissant les parois et toutes sortes de spéléothèmes, buissons d’excentriques aux arabesques improbables (on a retrouvé le jumeau rebelle du « 5 » de l’Aven Armédia), longues et fragiles fistuleuses joignant parfois le plancher, draperies rubanés, gours cristallisoirs couverts d’un manteau de pointes de calcite... Ces structures cristallines et scintillantes détonnent aussi par leurs variations et contrastes de couleurs : incolore translucide, blanc immaculé plus ou moins opaque, jaune paille vif, brun-clair chaleureux... Elles sont si délicates qu’on avance à pas de velours entre ces espaces concrétionnés de tous côtés, précautionneusement, ne rien toucher, ne rien faire vibrer. À regret, nous décidons de faire demi-tour.

David, Antoine et Vincent partent devant pour aller visiter la « Salle du Chat » puis déséquiper la main courante. Florian et Xavier s’en retournent sans attendre vers la surface, pour sortir avant l'heure limite précisée sur le groupe de discussion de sécurité « Sonnette ».
La descente du P54 se fait avec une nécessaire prudence, tant la corde glaiseuse est glissante. David suggère de coiffer nos descendeurs d’une demi-clef, sage recommandation que nous appliquons pour assurer une descente maîtrisée.
La visite de la « Salle du Chat » est de nouveau l’occasion d’émerveillements. On y trouve un grand « four cristallin » (laminoir) au plafond irrégulier de calcaire beige recouvert d’une forêt de stalactites et d’excentriques translucides, et au plancher orange déchiqueté (fragmentation en gros blocs rocheux) parsemé de stalagmites blanches. On contemple aussi des gours tapissés de gros cristaux de calcite beige, véritables cristallisoirs où la chimie en train de se faire prend tout son temps (des centaines d’années, des dizaines de milliers d’années ?).

En quittant la « Salle du Chat » David explique quelques astuces d’équipement à Antoine et Vincent, notamment le double-nœud de chaise. Vincent prend en charge le déséquipement de la main courante qui contourne la base du P54 se prolongeant vers le bas par le « Puits du Lac ». Bien que sans grande difficulté, calme et concentration sont de rigueur pour déséquiper la corniche glissante qui surplombe le « Puits du Lac ». C’est ensuite Antoine qui prend le relai pour le déséquipement jusqu’à la surface, exercice physique et chronophage autant dans les étroitures qu’au niveau des têtes de puits où il faut tendre les bras.
Dans le sens du retour, les obstacles sont plus faciles à passer pour Xavier et Florian. Ils sortent vers 19h avec une heure d'avance sur notre timing. Les copains qui ont eu la chance de visiter la « Salle du Chat », mais chargés du déséquipement avec portage des kits, mettront 2 heures de plus. Cela laissera à Xavier le temps de faire une bonne sieste avant de prendre la route du retour.