Grotte du Chasserou
Participants : Florian, David, Xavier, Antoine, Vincent, Andrea, Gaël
Lieu : Commune de Vallon-Pont-d’Arc – Ardèche
Date : 11 janvier 2026
Ecrit par : Vincent
Comme d’habitude, nous nous organisons préalablement pour se rejoindre à 7h à Chanas afin de faire voiture commune. 6h30 Gaël appelle David : problème ! un voyant reste allumé qui dit « arrêt immédiat, ne démarrez pas le moteur ». On comptait sur sa voiture 7 places pour embarquer tout le monde. Au final, c’est un pneu crevé. Donc, on se réorganise, Andréa prend sa voiture et charge Gaël. Sur le parking de covoiturage de Chanas, on dispatche le petit monde dans les voitures de David et Xavier. Et c’est reparti pour la Grotte Nouvelle.
Arrivé sur place, on se change tranquillement, mais voilà qu’arrive un groupe spéléo de 21 personnes. Ils ont aussi prévu de faire la Grotte Nouvelle. Aïe ! on espérait prendre notre temps pour tester le scanner 3D apporté par Andréa. Avec tout ce monde ça se complique. Donc on se réorganise, on fait l’inventaire des trous pas trop loin et pas plus compliqués à équiper : va pour la Grotte du Chasserou !
Florian nous confie que c’est une de ses grottes préférées, d’ailleurs David évoque que c’est dans cette cavité non-aménagée qu’il eut observé pour la première fois de belles draperies.
Avant de rentrer dans la grotte, on se regroupe au niveau d’une ancienne charbonnière (petite plateforme armée d’un muret, où l’on fabriquait autrefois du charbon de bois ?). De là, un panorama s’ouvre sur les coteaux alentours avec une vue sur le bâtiment circulaire abritant la reconstitution de la Grotte Chauvet. Cette courte pause permet de reconstituer l’unité de notre équipée suite à l’ascension d’un sentier bien raide et de prendre une photo de groupe. On se réorganise, petite photo tous ensemble et on poursuit l’ascension vers l’entrée toute proche de la Grotte du Chasserou.

Arrivé dans la grotte, on forme deux groupes : ceux qui vont aider aux prises de vues 3D, ceux qui vont équiper la suite. Donc là aussi, chacun s’organise et repart vers ses objectifs.
Vincent se porte volontaire pour équiper la descente jusqu’à la « Salle Blanche » avec d’abord un puits de 10 mètres (P10), puis l’installation d’une main courante le long de la grande vire surplombant cette salle. Florian accompagne Vincent dans cet exercice, tandis que David prend le temps d’expliquer le cheminement à suivre après la « Galerie des Lames » et de prodiguer quelques conseils avisés pour l’équipement. Pour Vincent c’est l’occasion d’expérimenter la recherche et l’emploi des amarrages naturels à grand renfort de Dyneemas et de sangles. Florian prendra le relai pour équiper l’accès à la « Galerie des Perles ».
À court de sangle et de Dyneema, Vincent et Florian peinent à réaliser correctement les derniers amarrages. Bien heureusement David, doté d’une technicité éprouvée, rectifie ces derniers points d’amarrage.
Pendant ce temps, Andréa a déballé le scanner 3D, assisté d’Antoine et Xavier pour les éclairages. On fera ainsi plusieurs prises pour obtenir une représentation globale de l’entrée jusqu’à la « Salle Blanche ». Le P10 est trop étroit pour réussir à en faire un scan et obtenir une liaison avec le point précédent. On fera un scan de la « Galerie des Lames » à part.

Dans la « Salle Blanche » notre groupe observe avec ravissement le scintillement des coulées stalagmitiques blanches. Au hasard des coïncidences angulaires, les plans internes de milliers de cristaux de carbonate de calcium (CaCO3 ; aragonite ou calcite ?) réfléchissent de-ci de-là nos faisceaux lumineux.


Dans cette même salle, une méduse immaculée détonne par sa blancheur cristalline contrastant avec le brun mat de la paroi qui la surplombe. Xavier interroge Vincent sur le processus de formation de ce magnifique spéléothème. Dans un premier temps, monsieur Caillou sèche, ce phénomène lui paraît inexplicable tant le contraste des couleurs et la morphologie de la méduse sont invraisemblables. Heureusement l’explication probable viendra d’observations complémentaires au fil de la visite de la « Salle Blanche ». Multiplier les observations et les points de vue, laisser le temps au temps, permettent souvent de résoudre les énigmes de mère nature.

Séismes (tremblements de terre), compaction et glissement des remplissages sédimentaires endokarstiques sous le poids des lourdes concrétions carbonatées, ou effondrement par sous-cavage d’un ancien plancher stalagmitique ? Soubresauts tectoniques, manifestations gravitaires, ou bien érosion et dissolution, à moins qu’il ne s’agisse de la résultante de l’ensemble de ces phénomènes conjugués ? Le débat reste ouvert, mais le résultat est spectaculaire de par les dimensions des colonnes effondrées dont les fragments de plusieurs mètres cubes gisent sur le sol. Ce phénomène date quelque peu puisque des concrétions plus récentes recouvrent d’ores-et-déjà les blocs effondrés.


Certaines colonnes n’ont pas chuté, mais se sont simplement décollées du plafond sus-jacent de quelques décimètres, probablement par un mouvement de basculement (rotation de quelques degrés) lié à l’affaissement de l’ancien plancher stalagmitique. Il en résulte la formation de méduses qui paraissent flotter juste au-dessous de leur ancien plafond et dont le re-concrétionnement après décollement peut aboutir à un contraste de couleur saisissant entre la méduse elle-même et son ancien plafond.
L’observation du plafond par Florian et Vincent tendrait à argumenter en faveur de soubresauts tectoniques. En effet le toit de la « Salle Blanche » semble se diviser en deux zones morphologiques différentes :
- d’un côté se distingue aisément une surface structurale monoclinale, c’est-à-dire la surface inférieure d’une strate calcaire caractérisée par sa planéité et sa pente régulière ;
- de l’autre la morphologie du plafond apparait chaotique.
Entre ces deux zones, les points les plus élevés du plafond de la « Salle Blanche » paraissent s’aligner selon un axe qui pourrait correspondre à une faille tectonique.

Après ces palabres et autres questionnements, on se regroupe, il est temps de manger. Petite pause digestive et contemplative, on profite de la « Salle Blanche » magnifiquement concrétionnée, et hop c’est reparti.



On remonte tranquillement. Antoine s’occupe du déséquipement de l’ensemble de la cavité tandis que Vincent l’accompagne en prenant quelques photos de ce travail.

Voilà, objectifs remplis. Nous nous sommes adaptés aux conditions et aux milieux pour faire de cette sortie une réussite.
