Grotte Roche

Participants : Émeric, Damien, Gaël, William et Vincent

Lieu : Villard-de-Lans – Massif du Vercors – Isère (38)

Date : 31/01/2026

T.P.S.T : 06h30

Ecrit par : Damien et Vincent

Objectif et composition de l’équipe

Cette sortie avait plusieurs objectifs. Pour Vincent il s’agissait de tester l’organisation autonome d’une sortie facile dans le but de préparer une future sortie « première initiation » avec des amis d’études géologiques. C’était également l’occasion de partager une petite aventure avec William et les copains du SCV.

Pour Damien et Émeric le but était une sortie facile à caractère familial, tout en douceur, dans une grotte déjà visitée.

Pour Gaël c’était l’occasion de retrouver la cavité dans laquelle il a fait sa première initiation spéléologique. L’idée était également de s’essayer à l’équipement en condition réelle si le timing le permettait.

Nous étions donc cinq pour cette sortie : Émeric, Damien, Gaël, William et Vincent. 

 

Préparation de la sortie

Vincent récupère la documentation disponible sur la Grotte Roche auprès de David et Gaël, imprime le plan topo et partage les points clefs pour le covoiturage (parkings de regroupement et d’arrivée).

Le matériel est préparé collectivement au cours de la semaine, le jeudi soir au local du club. Harnais, éclairages, vêtements chauds… et une corde de 40 mètres. Peut-être un peu ambitieux pour une cavité déjà équipée, mais en spéléo on sait qu’un imprévu peut arriver quand on ne l’attend pas.

Tests des bottes, vérification des combinaisons : l’hiver les sorties sont froides.

Les collations sont anticipées avec un objectif simple mais essentiel : soupe chaude pour tout le monde. Damien procure les soupes instantanées, Vincent prend son réchaud et les gamelles.

 

En route vers la cavité

Gaël nous confirme d’abord que son véhicule 6 places sera disponible … avant d’annoncer, vendredi à 17h, qu’il ne peut finalement plus venir faute de voiture. Pas de panique : Damien passera le chercher à Vienne.

Le samedi au petit matin, Damien part avec Émeric depuis Sainte-Colombe. À peine quelques mètres parcourus, un bruit inquiétant apparaît. On s’arrête : impression d’avoir crevé… mais rien de visible. On récupère Gaël, et le mystère est résolu : un petit caillou coincé dans le pneu. Plus de peur que de mal.

Direction Cour-et-Buis pour rejoindre Vincent et William dans le centre du village, puis covoiturer dans un seul véhicule 5 places. Avant de rejoindre le Vercors, un dernier arrêt stratégique à la boulangerie : mieux vaut manger maintenant que dans la combinaison humide.

 

Une ambiance hivernale

Arrivés au parking juste au-dessus de la Grotte Roche, la neige nous accueille. La dernière visite s’était faite en plein été, aujourd’hui l’atmosphère est complètement différente. Le froid pousse à s’équiper rapidement !

Prenant soin de ne pas glisser dans la neige lourde qui recouvre les rochers, nous rejoignons en quelques minutes l’entrée monumentale de la grotte. Quelques photos de la petite équipe sont prises devant le porche de la grotte, les pieds dans la neige blanche, ambiance feutrée.

Puis on s’engouffre sans tarder dans l’obscurité et progressons pendant près d’une heure sans difficulté, retrouvant peu à peu nos repères souterrains. Après la Grande Galerie, le passage de la Diaclase est l’occasion de tester notre agilité en prévision du Labyrinthe. Dans la salle de la « Colonne cassée » l’échelle est grimpée patiemment en toute sécurité, s’ensuit une longue séance de ramping qui nous conduit à la tête d’un puits de 9 mètres (P9).

Pendant que Vincent et Gaël équipent laborieusement le puits, Émeric et William se reposent tranquillement, tandis que Damien prépare les soupes chaudes. Bien que persévérants, le puits étroit et en dévers donne décidément du fil à retorde à Gaël et Vincent. En haut du puits, les soupes chaudes sont vite consommées, puis l’attente s’étire … presque deux heures. William en profite pour battre un record personnel : sa plus longue sieste en grotte.

Mais le temps file et la fatigue commence à peser sur les enfants. Émeric estime pouvoir descendre mais pas remonter. Vincent confirme que la descente du puits et sa remonté sont pénibles et qu’il n’est pas souhaitable de faire progresser plus en avant les enfants. Nous décidons donc de déséquiper et de poursuivre ailleurs.

 

Le labyrinthe

Juste après avoir quitté la tête du P9, une vingtaine de spéléologues défilent devant nous : une véritable autoroute souterraine ! Deux équipes en initiation guidées par des moniteurs spéléos aguerris passent joyeusement. Ou bien ce sont peut-être les mêmes qui tournent en rond…

Le labyrinthe est un enchevêtrement de conduits étroits dans lequel on perd facilement son orientation. Guidés par Gaël qui reconnait bien les lieux, nous choisissons d’avancer dans ce dédale, en direction d’un hypothétique Minotaure. Des passages ludiques en main courante agrémentent notre progression. Émeric encouragé par Damien et William enchaine les passages de nœuds avec le sourire.

Malgré plusieurs hésitations aux intersections, nous finissons par trouver la sortie du labyrinthe qui se termine par une main courante descendant dans la Galerie de la Persévérance. Sans fil d’Ariane, mais avec la solide mémoire et la vivacité de Gaël, l’équipe a franchi cette épreuve dans la bonne humeur.

Retour à la surface

Au retour, le franchissement de la Diaclase donne encore un peu de peine à l’équipe, mais les enfants se montrent braves, tandis que Damien et Vincent veillent à la sécurité de l’équipe. Nous rejoignons tranquillement le jour, en profitant de l’aspect monumental de la Grande Galerie pour prendre nos dernières photos souterraines.

Le timing est respecté : à 16h30, nous annonçons notre sortie sur la « Sonnette ».

De retour au parking, le temps est frais et la neige persiste aux abords de la rivière Bourne située en contrebas. Seul le goudron humide du parking en bord de route permettrait d’organiser un goûter réconfortant, mais la circulation routière bruyante et la fraicheur de cette fin de journée hivernale nous font rapidement abandonner cette idée. Sniff … raté pour ce moment convivial souvent attendu … une prochaine fois peut-être ou bien très sûrement.

En bref, une journée hivernale drapée de neige humide, un peu d’attente souterraine, mais une belle progression spéléologique accomplie par une petite équipe autonome et courageuse avec beaucoup de bonne humeur … encore une belle aventure sous terre !