sortie du 7 mars 2026 - Grotte de Vaux-Age de Glace (01)
Participants : David, Xavier, Vincent, Antoine, Frédéric, Damien, Andrea, Nathan
Lieu : Plateau d'Hauteville (01)
Date : 07/03/2026
T.P.S.T : 7h
Ecrit par : Antoine
Compte rendu - sortie du 7 mars 2026 – Grotte de Vaux-Age de Glace (01)
Cavité : grotte de Vaux / Age de glace
Massif : Bugey (Jura quoi)
Type de sortie / objectif : initiation sportive
Rédacteur : Antoine (attention, détails superflus), apports géologiques de Vincent
Personnes présentes : David, Xavier, Vincent, Antoine, Frédéric, Damien, Andrea et notre initié
du jour, Nathan
Le contexte s’avère primordial pour apprécier correctement le croustillant récit initiatique qui va suivre.
Tout commence dans le calendrier soigneusement établi par notre président, qui pointait à l’origine une initiation spéléologique pour le 7 mars 2026. Nathan, amis jurassien, s’avérait intéressé par une initiation et était de ce fait tout à fait compatible avec une sortie comme celle du 7. Toutefois, l’initiation demeurait pauvre en initiés à mesure que l’on se rapprochait de la date, si bien que certains demandèrent d’augmenter un peu le niveau, en suggérant une initiation sportive, oxymore pourtant bien manifeste dans la langue du spéléoclub de Vienne. La veille du 7 mars, rendez-vous au club pour la réunion mensuelle mais également pour préparer la sortie, tout en continuant à chercher une grotte semi complète initiatique, ludique et pas trop loin. Notre éminent président David s’avère impartial dans le fait qu’il faut une sortie facile, puisque c’était ce qui était prévu au calendrier et que nous compterons tout de même un initié à la sortie du lendemain. Nous hésitons avec Preou, qui fera finalement l’objet d’une sortie ultérieure, et le choix s'est finalement porté sur grotte de Vaux – Age de Glace, déjà bien connue de Damien, David et Célestine. Nathan arrive entre-temps au local, l’esprit serein et plein d’entrain. Nous lui annonçons qu’il fera son baptême sur corde avec un puits de 47 mètres. Pas de panique ! Ce n’est pas la peur du vide qui semble l’inquiéter le plus — malgré nos récits de mort et d’accidents lors de la réunion — et une corde sera installée en complément de celle en place pour l’accompagner dans sa descente. L’avantage de cette grotte, c’est que malgré le P47, il s’agit d’une sortie facile, car une alternative au puits est possible en remontant à pied par une autre issue. Nous préparons les kits pour équiper en double et nous nous munissons de quelques poulies pour la tyrolienne prévue au dessus du lac souterrain.
Le lendemain rendez-vous chez Vincent avec Nathan à 7 heures, après une brève escale à la boulangerie pour acheter quelques croissants. Un peu à la bourre, on récupère ensuite Xavier au vol qui, d’après sa position d’auto-stoppeur en bordure d’un carrefour, avait hâte de partir à l’aventure. Pendant ce temps, David, Frédéric, Damien et Andrea ont la même configuration, mais avec des pains au chocolat. A l’approche du lieu, Damien nous appelle pour nous apporter quelques précisions sur la route à suivre : nous apercevrons bientôt un chemin bordé d’arbres et de cailloux.
Une fois arrivés, nous nous préparons, tout en mangeant pains au chocolat et croissants sous un ciel qui s’annonçait ensoleillé pour les gens surfaciques.
Début d’équipement un peu laborieux pour moi qui bricole un fractio inutile sur le premier barreau installé en travers de la paroi. Une déviation est en revanche déjà installée au début du premier puits, pratique. Je constate ensuite, toujours sous l’œil aguerri de Xavier, qu’il n’y a pas de quoi équiper en double : « ouaille, lui dis-je, aucune corde n’est en place, la descente est seulement équipée pour du rappel. ».
On atteint ensuite, après le premier puits, une main courante équipée en fixe, avant de rejoindre le bord d’un vide soufflant qui semble tout à fait être à la hauteur d’un P47. Je l’équipe alors plein gaz à l’aide d’un nœud de chaise yosemite, qui sera complété après coup par Xavier avec un nœud de huit et une dyneema, afin d’éloigner davantage la corde des parois et se prémunir de tout frottement.
Pendant ce temps, les autres sont patients, tandis que David apprend à Nathan les manips de base pour descendre les puits. Les deux ignorent à ce moment-là qu’ils devront les remonter, l’absence de corde aux endroits imaginés ne laissant rien présager de bon pour la suite.
Je descends le puits jusqu’à atteindre une grande salle à l’acoustique intéressante pour ce qui est de chanter quelques notes pas toujours bien justes. Arrivé en bas, je m’éloigne du puits, faute de l’avoir suffisamment purgé au préalable. D’autres barytons et ténors en tout genre me rejoignent progressivement pour prendre part à la résonance. « Pom, popom,popopopopom... » Fred arrive. « génial ! Record battu en terme de puits plein gaz », à la grande surprise de Damien qui pensait que cet homme multiclubs était rôdé à toute cavité depuis de longues années. C’est ensuite au tour de Nathan de descendre le puits, sous les encouragements de Damien, qui ne peut s’empêcher de lui rappeler le vide qu’il y a en dessous de lui, au cas où. (Pour l’occasion, Nathan est muni d’un descendeur stop). 
Une fois tout le monde regroupé en bas du puits, nous nous dirigeons vers les lacs. Nous rejoignons une galerie où trône dans une flaque d’eau une sorte de crevette blanche et visqueuse : un niphargus. (Non j’en sais rien en fait, mais le nom est marrant). Damien, Fred et Vincent prennent deux minutes pour observer ce bon vieux Niphargus avant de poursuivre la route et de franchir un ressaut, faisant par la même occasion office de baptême d’escalade pour notre bien heureux initié Nathan, désormais bien engagé dans cet heureux traquenard du SCV.
Nous arrivons ensuite dans la salle des géodes, qui semble incompatible avec l’esthétique habituelle étroite, boueuse et humide des grottes du Bugey (selon la perception de certains d’entre nous, dont je ne citerai pas les noms). Moins médisant, Vincent, honorable casse-cailloux, nuance nos propos par l’identification d’une géode d’envergure décimétrique, tapissée de cristaux, trapus de calcite blanche, voir translucide. Plus agréable que la came-cruse des Pyrénées, nous pouvons également admirer un magnifique et exemplaire genou géologique, vraisemblablement déversé vers l’ouest, dont le plissement asymétrique témoigne de la compression alpine et de la (dé)formation du massif jurassien.
Dans ce dernier d’ailleurs, nul besoin de prendre l’avion ; puisque les méandres de l’infiniment petit suffisent à vous transporter instantanément vers d’autres massifs montagneux ! Tel que l’Hindou Kouch en Afghanistan, dont la modélisation traduit fidèlement les processus d’érosion.
Je remonte après avoir détourné la trajectoire de David, Nathan, et Frédéric (= 3 + ! ci-dessus), ils se dirigent à leur tour vers la sortie matérialisée par un couvercle de poubelle. Pendant ce temps, Vincent déséquipe le P47.
Une fois sortis, Damien, notre spéléocuisto en toutes circonstances, prépare un feu. Une première pour notre club après une sortie, dont la raison principale réside en une boîte de conserve vide... et un camembert bien odorant et dégoulinant ! Nous le dégustons accompagné d’un verre de bière ou de cidre avant de nous rediriger - sans détours - vers notre contrée.
